Etre hypersensible, c’est ressentir intensément les joies, mais aussi les peines. Un film poignant peut vous laisser forte impression pendant des jours, une remarque peut rester en tête toute la journée. Un geste gentil ou un mot sincère peut vous bouleverser.
Un point que j’ai observé chez les êtres hypersensibles, c’est ce sentiment de décalage par rapport aux autres. Une différence qui mène non seulement à la sensation d’être incompris(e), mais surtout à de l’auto-jugement (et pas dans les meilleurs termes). Il peut y avoir de la frustration, de l’amertume ou même de la colère ne pas « réussir à faire ou à être comme les autres », de ne pas être conforme aux attendus ou aux modèles de la société.
Les personnes hypersensibles – celles qui s’ignorent – s’adaptent sans cesse aux environnements et aux autres malgré l’inconfort que cela peut parfois leur procurer. Elles gèrent donc leur énergie en permanence, entre motivation et fatigue. Une sensation, parfois épuisante de lutter en permanence… beaucoup d’entre elles aspirent tout simplement à plus de légèreté.
En général, quand je parle de l’hypersensibilité en ces termes à mes clients, on me répond d’abord « je ne vois pas en quoi » 😉. En effet, l’hypersensibilité est souvent mal perçue dans notre société qui valorise la rationalité et le contrôle. Et le mécanisme d’auto-jugement négatif, qui s’applique chez beaucoup d’hypersensibles depuis l’enfance, fait son petit (grand) effet.
Pourtant, l’hypersensibilité s’accompagne souvent d’une grande empathie, d’une intuition développée, d’une créativité vive et d’une profondeur émotionnelle. C’est un cadeau plein d’amour qui peut être mis au service de ce monde… surtout quand on constate à quel point il en manque (regardez les actualités pour vous en convaincre !).
Personnellement, j’ai apprivoisé, puis fait de mon hypersensibilité une force, en la mettant au service d’autrui et bien sûr, de moi-même.
Une porte ouverte vers l’intuition ?
En arrêtant de résister à son hypersensibilité, on finit par renouer avec ses émotions et on s’autorise à écouter sa « petite voix intérieure », ses sensations… c’est ce qu’on appelle aussi l’intuition. Une rencontre, une proposition de travail vous fait vous sentir joyeux(se) et léger(ère) ? Go ! Au contraire, vous vous sentez mitigée, tout(e) recroquevillé(e) ? Next !
Une intuition développée aide grandement à reconnaître ce qui est bon pour soi (lieux, personnes, activités, décisions…). Attention, l’intuition n’est pas réservée qu’aux personnes hypersensibles ! Disons qu’elle est comme une porte un peu plus ouverte vers ce fameux « sixième sens », vers d’autres types d’informations invisibles, inaudibles ou impalpables…
Si vous vous reconnaissez dans ces mots, sachez que vous n’êtes pas trop sensible, vous êtes juste vous. C’est une façon d’être dans ce monde. Vous ne vous contentez pas de traverser la vie en surface. Être hypersensible, ce n’est pas “être fragile”, c’est percevoir ce que d’autres ne voient parfois pas. C’est sentir les émotions comme des nuances ou des couleurs, capter les ambiances, pleurer de joie pour une fleur qui éclos ou l’éclat d’un rayon de soleil à travers les arbres.
Il ne s’agit pas de “se durcir”. Il s’agit d’apprendre à s’écouter, à se protéger, à se respecter.
Vous ressentez. Fort et vrai, c’est tout.